Repérage amiante avant travaux (RAT) dans les infrastructures de transport
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Repérage amiante avant travaux (RAT) dans les infrastructures de transport

Les infrastructures de transport (voies routières, cyclables, piétonnes, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires) constituent le socle de notre mobilité et un pilier essentiel de l’économie. Par le passé, de l’amiante a été introduit dans des enrobés routiers, dont les recyclages successifs ont conduit à faire perdurer cette situation bien après l’interdiction de l’amiante en France au 1er janvier 1997.

Aujourd’hui, l’entretien et la rénovation de ces infrastructures de transport entrainent un risque important d’être confronté à la présence d’amiante à l’occasion de ces travaux.

Qu’est-ce que le RAT appliqué aux infrastructures de transport ?

Définition du RAT dans le contexte des infrastructures

Le repérage amiante avant travaux (RAT) est une investigation obligatoire visant à identifier la présence éventuelle d’amiante dans toutes les zones impactées par une opération de maintenance, d’entretien ou de travaux.

Appliqué aux infrastructures de transport, le RAT consiste à analyser les matériaux, composants et équipements susceptibles de contenir de l’amiante dans les différentes couches composant l’infrastructure : routes, autoroutes, pistes cyclables, trottoirs, zones piétonnes, parking…

Il s’agit d’un repérage ciblé sur le périmètre réel des travaux, réalisé avant toute intervention

Dans le domaine des infrastructures, ce repérage s’appuie sur une méthodologie adaptée aux matériaux spécifiques (enrobés, revêtements routiers, ballasts de voie ferroviaire, pierres ornementales), et tient compte de la configuration souvent linéaire, enterrée ou difficile d’accès de ces ouvrages.

Pourquoi réaliser un RAT ?

La réalisation d’un repérage amiante avant travaux (RAT) est indispensable pour garantir la sécurité des interventions menées sur les infrastructures de transport.

Effectuer un RAT permet d’anticiper et de maîtriser les risques d’exposition à l’amiante des travailleurs, conformément aux exigences réglementaires. En identifiant précisément les matériaux contenant de l’amiante, le RAT oriente les choix techniques, les modes opératoires et les équipements de protection à mettre en place. Il permet également une estimation des déchets amiantés afin de les orienter vers les bonnes filières de traitement et d’élimination.

Il évite également les arrêts de chantier imprévus, les surcoûts et les situations d’urgence liées à une découverte tardive de matériaux amiantés.

Le cadre réglementaire : ce que change l’arrêté du 4 juin 2024

L’arrêté du 4 juin 2024 marque un tournant pour le secteur du repérage amiante dans les immeubles autres que bâtis dont font partie les infrastructures de transport. Il professionnalise la filière, renforce la sécurité et impose une transformation profonde des pratiques.

Quelles sont les obligations pour les donneurs d’ordre, opérateur de repérage et entreprises ?

Le donneur d’ordre (maître d’ouvrage ou gestionnaire d’infrastructure) doit faire réaliser un repérage amiante avant travaux dès lors qu’une intervention peut exposer les travailleurs à l’amiante. Il missionne un opérateur de repérage certifié, lui fournit les informations nécessaires sur le périmètre des travaux, puis transmet le rapport aux entreprises intervenantes. L’opérateur de repérage applique la méthodologie réglementaire (NF X46-102) pour identifier les matériaux amiantés et documenter les zones inaccessibles. De leur côté, les entreprises doivent s’appuyer sur les conclusions du RAT pour adapter leur évaluation des risques, leurs modes opératoires et leurs mesures de protection. En cas de doute ou de zone non investigable, elles appliquent le principe de précaution comme si la présence d’amiante était avérée.

Quelles infrastructures de transport sont concernées par le RAT ?

Les infrastructures de transport concernées sont les suivantes :

  • Routes, tunnels, ponts, viaduc et voies ferrées.
  • Ouvrages portuaires et réseaux souterrains.
  • Infrastructures dont les matériaux peuvent contenir de l’amiante et qui nécessitent des interventions sur site.

Plus largement, il concerne les ouvrages autres que bâtis tels que les ouvrages de génie civil et les réseaux divers.

Tous ces ouvrages, souvent construits à une époque où l’amiante était utilisé de manière courante, nécessitent désormais un repérage rigoureux avant toute intervention susceptible de libérer des fibres.

Entrée en vigueur des obligations

L’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation s’effectue en deux temps. Les méthodes de repérage et exigences documentaires s’appliquent dès la publication de l’arrêté. En revanche, l’obligation de formation certifiée prendra effet à compter du 1er juillet 2026. Ce calendrier progressif permet aux entreprises de se préparer en amont, de planifier la montée en compétences de leurs équipes et d’anticiper les évolutions des appels d’offres.

Qui peut réaliser les missions de RAT ?

Les acteurs du repérage

Le RAT mobilise plusieurs intervenants dont les responsabilités sont clairement définies par la réglementation :

  • Le donneur d’ordre, qui est la personne physique ou morale chargée de définir et de commander les travaux dans un ouvrage de génie civil, une infrastructure de transport ou un réseau divers ;
  • L’opérateur de repérage, qui est la personne physique missionnée pour réaliser le repérage de l’amiante conformément au périmètre fixé par le donneur d’ordre.

Ces acteurs assurent ensemble le bon déroulement de la mission de repérage et la fiabilité des conclusions du RAT.

Une formation obligatoire pour l’opérateur de repérage

La réalisation de missions de repérage amiante avant travaux impose une montée en compétence obligatoire des opérateurs. Seuls des opérateurs formés et qualifiés pourront réaliser ces missions, en s’appuyant sur une méthodologie précise définie par la norme NF X 46-102. Cette formation, d’une durée de six à huit jours selon les profils, couvre la compréhension des ouvrages de transport, les méthodes d’investigation, les règles de sécurité liées à l’amiante et l’élaboration de rapports conformes. L’arrêté introduit également un dispositif de tutorat obligatoire après la formation, destiné à garantir la montée en autonomie progressive des opérateurs sur le terrain.

Up n’PRO accompagne les entreprises et les opérateurs dans la montée en compétences, combinant théorie, pratique sur site et méthodologie conforme aux normes en vigueur.

RAT dans les infrastructures de transport : enjeux et opportunités

Un marché porté par la réglementation et la rareté des opérateurs qualifiés

Le marché du repérage amiante dans les infrastructures de transport est structuré par l’obligation réglementaire. Toutes les interventions doivent désormais s’appuyer sur un repérage conforme, ce qui créer une demande régulière et incontournable.

À cela s’ajoute le vieillissement des infrastructures, nécessitant de plus en plus de travaux de rénovation exposés à des matériaux historiques susceptibles de contenir de l’amiante. Cette situation complexe, combinée à la rareté des opérateurs certifiés, confère un avantage stratégique aux entreprises qui anticipent la formation de leurs équipes. Elles renforcent ainsi leur crédibilité auprès des maîtres d’ouvrage et sécurisent leur position sur un marché où la demande dépasse largement l’offre.

Un marché qui continue de croître et se structure durablement

La montée en compétence des opérateurs répond à un enjeu majeur de sécurité : les infrastructures de transport sont souvent complexes, avec des conditions d’accès et de visibilité limitées, et présentent des risques d’exposition accrus. Les entreprises qui appliquent une méthodologie rigoureuse et maîtrisent les risques garantissent la sécurité de leurs équipes et la conformité des interventions.

Parallèlement, les maîtres d’ouvrage attendent des opérateurs des rapports exhaustifs, structurés et immédiatement exploitables. La qualité documentaire, la capacité à interpréter les ouvrages et la maîtrise des outils numériques deviennent des critères de sélection essentiels. Les entreprises combinant expertise technique et maîtrise des outils modernes disposent d’un avantage compétitif solide.

Une perspective durable pour les années à venir

À moyen terme, le marché du repérage amiante dans les infrastructures de transport devrait continuer à croître. La modernisation des réseaux routiers, portuaires, aéroportuaires et ferroviaires, et les projets d’extension de réseaux créent un volume important de missions. L’arrêté du 4 juin 2024 ne fait qu’amplifier cette dynamique en rendant indispensable une compétence certifiée pour toutes les interventions.